Pomone

La nymphe Pomone, d’une beauté sans égale, ne se plaît qu’en présence des arbres fruitiers et des jardins dont elle prend grand soin. Elle n’a pas son pareil pour greffer, élaguer, tailler et préserver ses vergers. Contrairement aux autres nymphes, elle n’aime pas les forêts et encore moins la compagnie des hommes. Elle ignore tout de l’amour et ne se prête pas aux jeux de la séduction, si chers aux Satyres et autres Pans qui lui font pourtant une cour incessante.

Non loin d’elle, le dieu de l’Automne et des Vergers se consume d’amour pour celle qui ne le voit pas. Vertumne, qui a le don divin de prendre toute apparence, se transforme pour, ne serait-ce qu’entrapercevoir celle qui fait battre son cœur, alors qu’elle est absorbée par ses travaux.

C’est ainsi qu’il feint de revenir des moissons, courbé sous le poids des gerbes ; armé d’une faucille, tel un faucheur ; serpe en main, comme s’il revenait de la vigne ; ceint d’une épée, tel un valeureux soldat ; ou encore en pêcheur.

Mais à son grand dam,  jamais les yeux de Pomone ne se tournent vers lui. Il se risque un jour à une énième tentative en revêtant l’habit et l’allure d’une vieille femme venue admirer les fruits qui poussent sur les arbres dont prend tant soin la si belle Pomone. Celle-ci, ne se méfiant pas, accueille bien volontiers sa visiteuse.

Elle se laisse même conter l’histoire si touchante d’Anaxarete, qui fut transformer en pierre par Aphrodite pour avoir dédaigné l’inclination si pure du berger Iphis, mort de n’avoir pas été aimé.

Enfin, la vieille femme lui fait un portrait si flatteur de Vertumne, que Pomone ne peut que laisser parler son cœur, lorsque celui-ci lui dévoile sa véritable identité.

Depuis ce jour, les jardins de Pomone croissent et prospèrent sous les soins des deux jardiniers amoureux. Pomone, déesse romaine des fruits, représentée bien souvent avec sa couronne de fleurs et son panier de fruits mûrs, est le symbole de la beauté renouvelée à chaque saison.

Publié par Isabelle DEFAY