Le Jardin des Hespérides

Lorsque Zeus épousa Héra, Gaia, la Terre, offrit à la jeune épousée des pommes d’or, gages d’immortalité et surtout de fécondité.

Ces pommes tant convoitées prenaient vie dans un fabuleux jardin, aux confins de l’occident. Là, arrosé par des sources d’ambroisie poussait un arbre miraculeux qui offrait ses fruits d’or aux seuls Dieux.

Ladon, le dragon à cent têtes, gardien de ce jardin, veillait à ce que les mortels ne puissent jamais goûter au fruit de l’immortalité. Il était aidé dans sa tâche par les Hespérides, nymphes engendrées par l’union du Titan Atlas et d’Hespérie. Irrésistiblement belles, dotées de voix envoutantes, elles gardaient jalousement leur trésor.

Alors qu’il avait accompli dix travaux, Héraclès se vit refuser deux d’entre eux par Eurysthée, qui lui en assigna deux de plus. L’un d’eux consistait à subtiliser les pommes d’or du jardin des Hespérides.

Lorsqu’Héraclès, après maintes péripéties, se trouva enfin aux portes du Jardin tant espéré, il eut recours à un subtil stratagème pour duper la méfiance des Hespérides. Il réussit à convaincre le Titan Atlas, leur père, de cueillir à sa place les pommes.

En échange de son aide, Héraclès avait proposé au géant Atlas de le soulager de sa lourde tâche. Atlas, en mémoire de la défaite des Titans face aux Dieux, portait toujours la voute céleste sur ses épaules. Enfin délivré de son fardeau, Atlas n’eu aucun mal à obtenir son précieux butin auprès de ses filles. Epris de liberté, il revint dire à Héraclès qu’il porterait lui-même les fruits d’or à Eurysthée.

Malicieux, Héraclès fit mine d’accepter sa défaite et demanda simplement un dernier geste d’Atlas : reprendre quelques secondes le ciel pour qu’il puisse poser un coussin sur ses fragiles épaules. Confiant, Atlas accepta et ce faisant, posa les trois pommes à terre pour reprendre le ciel. Héraclès s’en empara alors et s’enfuit, laissant le géant Atlas, encombré par le ciel, maugréer dans sa barbe.

Publié par Isabelle DEFAY